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L'élu MSA, un homme de réseau

Mis à jour le 16/05/2017

Jean-François Monod est semencier à Villeneuve-la-comptal. Au bout de l'allée de platanes, vous entrez dans l'exploitation de Bordevieille, avec, côte à côte, sa vieille maison de maître et des hangars modernes et gigantesques. Côté pile, vous serrez la main à un jeune homme au sourire indéfectible ; côté face, vous discutez avec un homme plein d'assurance, déjà rodé aux relations sociales grâce à ses nombreux mandats.



« Je suis élu cantonal MSA depuis 2010, mais je suis aussi administrateur de la coopérative Arterris, secrétaire général de la chambre d'agriculture de l'Aude et secrétaire général de la Fédération Nationale des Agriculteurs Multiplicateurs de Semences (FNAMS), avec cela j'ai aussi des mandats du GNIS Groupement National Interprofessionnel des Semences et des plants, et des mandats dans différentes CUMA.»

« Je fais partie d'un réseau »
«En 2010 Henri Blanc, administrateur de la MSA, m'avait demandé de me présenter à la MSA. Comme j'avais déjà quelques mandats, cela me semblait un peu compliqué. Mais il m'a dit : "cela ne demande pas énormément de temps. L'essentiel est d'être identifié comme élu MSA, qu'il y ait une représentativité sur le territoire." Il n'y a pas qu'une histoire de représentativité, il y a une histoire de réseau. En cumulant plusieurs mandats, on parvient à trouver une cohérence au niveau local.
Je suis estampillé comme responsable professionnel. Je fais partie d'un réseau. En intégrant un organisme local, je suis un peu au courant de ce qui se passe à droite à gauche. Du coup, des gens me posent des questions. Et je sais leur indiquer les démarches à faire, les gens à voir,….

Le problème est que nous n'arrivons plus à avoir ce maillage ; parce que les exploitations deviennent de plus en plus grandes, les envies de travailler ensemble de plus en plus petites,... Il est très compliqué de trouver des jeunes, ou des moins jeunes, qui s'intéressent et s'engagent dans une structure. Du coup, nous peinons à avoir ce maillage dans le secteur. Petit à petit, nous essayons de pousser les jeunes à prendre les choses en mains.
Je ne sais pas si cette fonction leur fait un petit peu peur. Pourtant il n'y a rien de phénoménal : c'est surtout un relais. Pour moi, être élu MSA, c'est avant tout être un aiguilleur.
Je le vois lors des CDOA (Commission Départementale d'Orientation de l'Agriculture) : nous travaillons tous en lien. Il n'y a plus de casquettes. L'un va dire "la MSA a besoin de ça", nous faisons les relais, et nous réussissons à trouver d'autres relais un peu partout.


 « La solidarité, l'entraide, c'est ça»
L'objectif est de relayer une certaine politique. Cette politique, elle est impulsée par des personnes élues de la MSA que je côtoie lors de ces différentes CDOA. Elles nous indiquent « on fait telle ou telle action». Par exemple pour les exploitations qui sont en difficulté, l'élu MSA nous dit « relayez cette info sur vos territoires. Si vous voyez des personnes en difficulté, contactez la MSA. »
L'important est d'être à l'écoute et de relayer une politique mise en place par le conseil d'administration de la MSA sur des points précis.
La solidarité, l'entraide, c'est ça. Il faut savoir être à l'écoute des autres. C'est ce qui difficile dans ce métier, car on apprend souvent un problème trop tard. Il faut également être discret. La discrétion, pour un élu MSA, cela doit être une valeur fondamentale.


 « Agriculteur et MSA, cela va ensemble »
Je conseillerai de devenir élu MSA. Mais la difficulté est de trouver des gens qui ont un réseau. Si quelqu'un dit : je veux bien être élu, si cela te fait plaisir. Je ne pense pas que cela soit une bonne option. Il faut quelqu'un qui puisse discuter, identifier les problèmes, ... Je ne suis pas non plus assistante sociale, ce n'est pas mon rôle. Mais je pense qu'il faut savoir déceler des choses. Ensuite il faut avoir le réflexe MSA quand quelque chose ne va pas.

Ce réseau MSA, moi, j'y attache beaucoup d'importance car la MSA, c'est notre Caisse. Derrière, ce sont des valeurs qui sont fondamentales sur une exploitation. De l'instant où on s'installe jusqu'à l'instant où on prend notre retraite, la MSA est notre interlocuteur. Du coup, elle fait partie automatiquement de la vie d'un exploitant. Etre agriculteur et à la MSA, cela va ensemble.

C'est une force d'avoir autant d'élus. Si nous sommes identifiés comme tels, cela permet d'être des relais sur tout le territoire. C'est cela qui est important et qu'il faut continuer à faire vivre. »