Thérèse Bonzoms

Thérèse Bonzoms, cultiver l'altruisme

Mis à jour le 06/04/2018

Autour des murs ocres du village de Baixas se dresse une végétation tannée par la chaleur. C'est ici que vit Thérèse Bonzoms, viticultrice et productrice d'amandes de 57 ans. Elle assume un mandat électif au sein de la MSA depuis 1999. Elle est à ce jour présidente du canton de Saint Estève, élue au Comité Départemental après un passage au Conseil d'Administration.

Nous sommes élus pour vous aider

« Après mon grand père, très impliqué dans le domaine agricole au niveau du département et au-delà, j'ai débuté mon mandat sur le village en remplacement de maman, en intégrant le comité local de la MSA. J'ai décidé par la suite, poussée par mes enfants, de m'investir davantage pour les autres tout en préservant ma vie personnelle. Il faut trouver le juste équilibre avec le travail et la famille. C'est une mission qui devient vite chronophage d'autant que par la suite j'ai intégré les conseils d'administration de la cave coopérative de Calce, de la Fédération 66 de Groupama Méditerranée, ainsi que celui de Joseph Sauvy.

Quand on me téléphone pour me poser une problématique quelconque, souvent on me dit : « je suis désolé de te déranger… » mais non il ne faut pas être désolé, il ne faut pas hésiter au contraire à nous interpeller nous sommes là pour ça, pour vous aider, vous nous avez élus, c'est notre rôle.
En tant qu'élu, nous devons être à l'écoute des adhérents pour les aider dans leurs démarches, être leur relais auprès de l'institution avec l'aide du responsable du réseau ainsi que les assistantes sociales. Nous devons les orienter vers le bon interlocuteur pour qu'ils aient, le plus rapidement possible, la réponse à leur interrogation. Par contre, nous ne sommes pas des techniciens de la MSA.
Notre rôle est essentiel, nous sommes solidaires de leurs problèmes professionnels car nous les connaissons.
Je voudrais correspondre aux attentes de ceux qui m'ont élue. Est-ce que je représente bien le monde que je voulais représenter ? Notamment au niveau du 1er collège, les petits exploitants, qui n'ont, la plupart du temps, pas de comptable, ayant recours à de la main-d'œuvre que ponctuellement. Qu'ils sachent bien que nous sommes à leur disposition et que nous pouvons les aider. Et toujours en toute confidentialité.
Ce rôle d'élue, je le prends comme une responsabilité bien sûr. C'est une mission qui nous est confiée et il faut essayer de la mener du mieux possible sans commettre d'impair, d'oubli. En avoir conscience nous permet d'être bien à l'écoute. En règle générale, la population agricole est pudique et réservée face aux difficultés de la vie. Quand les soucis familiaux, financiers, ou au niveau de l'exploitation se présentent, les personnes n'iront pas spontanément demander de l'aide. Elles essaieront de faire face, de se priver... L'approche est souvent délicate. Il faut être dans l'empathie mais il faut qu'ils connaissent leurs droits, il existe des solutions, qu'ils sachent que nous pouvons alléger leur peine mais c'est difficile.

Pour cette raison, notamment, le niveau cantonal complique notre efficacité. Je comprends que l'on ne puisse pas faire autrement. Dans mon canton, j'ai fait en sorte d'avoir un représentant pour chaque village qui le compose. Nous avons ainsi un référent pour signaler certaines situations.
Le lien social m'a vraiment touché
Nous rendons service mais c'est réciproque, comme dans toutes relations.
Par exemple sur le village, avec l'assistante sociale de l'époque, il y a une dizaine d'années, nous avons constitué un atelier « Bien Vieillir » dont le but premier est de travailler la mémoire pour les personnes de plus de 50 ans. Et bien, à ce jour encore, pas moins de dix-huit personnes se retrouvent autour d'une des anciennes participantes qui a pris le relais de l'animatrice. Je trouve ça super ! Ca me touche car c'est du concret, le résultat de la démarche contribue au lien social sur nos territoires.

Etre élue, cela m'ouvre aussi. J'ai découvert la complexité de mettre en application toutes les mesures imposées avec les moyens du bord. Mais c'est parce que j'ai un pied dans les commissions départementales que je le touche vraiment du doigt.
Il faut souligner que l'image péjorative de la « MSA collecteur de cotisations uniquement » existe encore. Cet argent, il sert. Il est redistribué à bon escient. Il n'y a pas assez de communication sur toutes les actions réalisées. A la MSA, nous avons la chance d'être considérés comme une personne et non comme un numéro de dossier. Le maillage sur le territoire par les élus est à exploiter au maximum. C'est un véritable atout ! »