Philippe Cases et Sophie Bonnery

Et toi, pourquoi es-tu élu à la MSA ?

Mis à jour le 23/04/2019

Rencontre de deux viticulteurs, une élue aguerrie aux arcanes de la MSA en siégeant au Conseil d'Administration depuis 15 ans et investie dans le développement de l'offre MSA Services, et un élu, plus novice, qui termine son premier mandat local.

Philippe Cases et Sophie Bonnery, tous deux élus sur le canton de Montréal.


Comment êtes-vous devenu un élu à la MSA ?
Philippe Cases : « C'est mon 1er mandat. La MSA m'avait sollicité. En fait, je représentais bien ce secteur qui démarre aux sillons du Lauragais pour finir dans la vigne : j'étais en polyculture, vigne et céréales, avec du personnel.
Sophie Bonnery : J'étais jeune agricultrice et le président souhaitait intégrer des jeunes au Conseil d'Administration. Je suis rentrée en même temps que Ludovic Roux.
A la fin de notre premier CA, lorsque le directeur nous a demandé : "alors les jeunes, vous avez compris ?" J'ai répondu : "c'est comme du petit chinois !" C'était compliqué, avec tous les abrégés,... Un administrateur a besoin de cinq ans pour comprendre tout le fonctionnement de la MSA.


Qu'est-ce qui vous motivait pour ce mandat ?
SB : La curiosité, sur le fonctionnement réel de la MSA.
Quand on est jeune, on est en colère contre les cotisations prélevées par la MSA, c'est classique. Mais la MSA ce n'est pas que les cotisations, je tiens à le dire. La MSA aide beaucoup les adhérents et ils ne s'en aperçoivent pas. Nous ne pouvons pas tout divulguer à cause du secret professionnel.

 CP : En partie pour comprendre le fonctionnement de la MSA. Malheureusement, encore maintenant, nous entendons des mauvais échos sur la MSA. Pourtant, gérer la  protection sociale est complexe. Et comprendre le tissu rural aussi.
Je pense que les présidents cantonaux pourraient être plus impliqués. Mais nous ne pouvons pas être informés de tout à cause du secret professionnel. A chaque fois que je connais un problème, j'alerte le travailleur social...

SB : … Et envoyer un travailleur social n'est pas toujours la bonne solution. Les agriculteurs en ont parfois un peu peur, alors qu'il est là pour les aider. Nous l'avons vu lors des inondations dans l'Aude en octobre : les travailleurs sociaux ont fait un travail formidable.
Nous nous connaissons plus ou moins tous dans le milieu agricole. Les gens se sentent en confiance avec nous, ils nous parlent davantage. Nous sommes là pour leur apporter des informations sur leurs droits. J'imagine mal certaines personnes prendre rendez-vous pour aller à la Caisse…
Aussi, les élus cantonaux sont utiles pour faire remonter les problématiques au niveau de la MSA.

PC : La dernière fois qu'on m'a sollicité, c'était sur le TESA. J'ai pris du temps pour expliquer comment remplir les nouveaux contrats TESA sur internet.
Nous allons vers le tout informatique pour baisser les coûts. Mais il faut aussi garder de l'humain. Imaginez si demain nous enlevions les agents d'accueil des MSA : cela ne peut pas fonctionner. Les gens veulent du contact.


Quel est votre meilleur souvenir d'élu ?
CP : La convivialité. Nous sommes chacun dans notre coin, que nous le voulons ou non, et le réseau nous permet de se poser, de nous retrouver et de manger ensemble.
SB : J'ai tellement de bons souvenirs... La convivialité aussi. Nous sommes nombreux au Conseil Administration, mais nous sommes une très bonne équipe.

Et votre pire souvenir ?
SB : Je n'ai pas de mauvais souvenir. Par contre, je peux avoir des regrets : un dossier qui n'aboutit pas, ne pas pouvoir aider davantage certaines personnes vraiment en difficulté.
CP : Je n'ai pas obtenu d'explication à une question que j'ai posée à l'Assemblé Générale. Je regrette que nous ne prenions pas ¼ h pour discuter lorsque nous avons un point de vue différent, car nous sommes sur le terrain et la Direction, elle, a des problématiques que nous ne voyons pas.

Comment le nouveau découpage des cantons (loi 17/05/2013) impactera votre rôle ?
CP : Quand on a l'esprit d'aider les autres, les personnes qui ont un souci savent à quelle porte taper.
SP : Les personnes me contactent parce qu'elles me connaissent, même si je ne suis pas leur élu cantonal. Les relations ne sont pas figées. Cependant nous perdrons vis-à-vis de nos adhérents de la proximité.

Comment envisagez-vous l'avenir de l'élu MSA ?
CP : Au niveau cantonal, nous sommes plus effacés que les administrateurs.
SB : Etre administrateur demande énormément de temps et d'investissement. Il est nécessaire de participer aux commissions pour préparer les décisions du CA. Une personne peu disponible doit rester au niveau du canton. Il ne faut pas rentrer au CA pour son intérêt, mais plus pour celui des autres. Mon mari me dit : "tu te soucies plus des autres que de nous." Mais c'est normal, cela doit être la position d'un administrateur. Moi, cela me plaît beaucoup.
CP : L'agriculture vit une mutation. Cela impactera aussi la MSA : que sera-t-elle dans 10 ou 15 ans ? Il faut garder une agriculture performante et revaloriser notre métier. Nous ne pouvons pas continuer à avoir des personnes qui gagnent 300 €, des suicides. Aujourd'hui nous avons, avec le régime agricole, une spécificité qu'il faut garder. Nous avons le lien social.
SB : Il faut continuer à travailler tous ensemble. Notre force, ce sont les élus ! A nous de nous battre et de défendre le régime agricole. Tant que je serai élue, je ferai tout pour le défendre. »